C'est en 1638 que notre ancêtre Pierre Martineau devient seigneur de Thouars, puisque dans divers actes notariés de 1646, il est dit propriétaire jouissant du fief et seigneurie de Thouars depuis 8 ans.

Cependant, il ne vient pas s'y installer aussitôt, puisqu'en 1641 il habite toujours Lozay. En 1646, par contre, il demeure à Thouars.

C'est un fief avec maison noble (celle-ci est en ruines, mais toujours visible), qui semble relever de la châtellenie de Saint-Martin de la Coudre, bien que situé à cheval sur Lozay et Migré.

Il décédera vers 1660 et son second fils François lui succédera jusqu'en 1716. Ce qui sera à l'origine de procès entre ce dernier et ses frères et soeurs. Il accordera d'ailleurs à son frère aîné Nicolas le droit de chasse à pied sur le fief de Thouars en 1683.

Divers procès les opposeront aux laboureurs ayant des terres dépendant du fief noble de Thouars.

Un autre procès long de 10 ans (de 1694 à 1704) opposera François aux tenants du fief noble de la Pouillère, qui sont des Pibolleau. L'affaire concernait les limites d'un fief par rapport à l'autre et finira au Parlement de Bordeaux. Ces derniers, bien qu'à l'origine de la plainte, finiront par céder et avouer qu'ils ne savaient pas exactement où se situait cette limite. A cette occasion François est dit seigneur des deux tiers du fief noble de Thouars, le tiers restant appartenant à madame la marquise d'Aubeterre, dame de Saint-Martin de la Coudre. Celle-ci possède également les deux tiers du fief noble de la Pouillère, tandis que les Pibolleau en possèdent le tiers restant.

En 1694, dans son testament, François demandera à être inhumé dans la chapelle de l'Eglise de Migré. Il décédera en 1716, à plus de 80 ans. Son acte de décès (sous le nom de François Martineau de Thouars) indique qu'il a été inhumé dans le cimetière de cette église. Son épouse Marie Marchesseau l'y rejoindra en 1724 (inhumée sous le nom de Marie Marchesseau de Thouars). Pour chacun d'eux, quatre prêtres assistent à l'enterrement.

C'est également son second fils, Vincent, qui héritera du fief au détriment de l'aîné, un autre François.

La fille de Vincent, prénommée Marie, épousera Charles Doignon et lui aménera une partie du fief de Thouars. Les trois générations suivantes joueront un rôle dans la municipalité : deux seront maires et un sera adjoint.

Le fief restera probablement la propriété de ses descendants, jusqu'à la Révolution, puisqu'un acte de 1764 le mentionne encore. En 1794, Charles Doignon, premier maire de Migré, se portera acquéreur de l'ancien château vendu comme bien national. Thouars continuera néanmoins d'être habité par une partie de sa descendance au XIXème siècle.